Nav Canada a annoncé le lancement d’un projet pilote de tour de contrôle numérique, qui sera d’abord testé à Kingston, en Ontario, avant d’être déployé à l’aéroport de Hamilton. Ce système innovant permettra aux contrôleurs aériens de gérer les atterrissages à Hamilton depuis un emplacement distant, situé à près de 300 kilomètres de l’aéroport.
Technologie de pointe pour la sécurité aérienne
La tour de contrôle numérique, déjà en construction à Kingston, est conçue pour desservir jusqu’à quinze aéroports. Elle repose sur un réseau de caméras haute définition qui offrent une vue panoramique des pistes et du ciel environnant. Ces caméras sont également équipées d’un mode infrarouge, ce qui les rend efficaces même la nuit ou par temps de mauvaise visibilité.
Les images captées par ces caméras seront transmises à une salle de contrôle dotée de douze grands écrans. De plus, des fonctionnalités alimentées par l’intelligence artificielle aideront les contrôleurs à identifier les dangers potentiels et à suivre les mouvements des aéronefs.
Une réponse à la pénurie de contrôleurs aériens
Selon Nav Canada, le pays fait face à une pénurie de 200 contrôleurs aériens, ce qui entraîne des retards et des annulations de vols. Dave Sheppard, chef de la technologie chez Nav Canada, a souligné que cette évolution était inévitable et qu’elle permettrait d’accéder à un plus grand bassin de spécialistes en regroupant les équipes dans un même centre de contrôle.
Nick von Schoenberg, président de l’Association canadienne du contrôle du trafic aérien, a exprimé des préoccupations concernant l’impact de cette transition sur les ressources humaines, notamment avec de nombreux contrôleurs approchant de la retraite.
Des exemples internationaux et des défis à surmonter
Des systèmes de contrôle aérien numériques existent déjà dans d’autres pays, comme le Royaume-Uni et la Norvège, où ils ont été intégrés avec succès dans des conditions climatiques difficiles. Jordan Freed, président de Kongsberg Geospatial, partenaire technologique de Nav Canada, a affirmé que cette technologie améliore la sécurité du contrôle aérien.
Cependant, des défis subsistent, notamment en matière de cybersécurité et de connectivité. Philippe Doyon-Poulin, expert de Polytechnique Montréal, a souligné l’importance d’avoir des fournisseurs de télécommunications redondants pour garantir la sécurité des opérations.
Prochaines étapes
Les essais opérationnels de la tour de contrôle numérique à Kingston devraient commencer l’année prochaine. Si cette technologie reçoit l’approbation de Transports Canada, Hamilton deviendra le premier aéroport canadien à diriger entièrement les avions à distance.


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